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Les États-Unis sont encore plongés en pleine pandémie. (photo: AFP/Angela Weiss)

07 avril 2020 16:35

Coronavirus

Les marchés guettent le pic de l'épidémie

Outre les bourses, les cours du pétrole reprennent des couleurs, tablant sur un accord pour réduire la production.

S'accrochant toujours à la perspective d'une accalmie sur le front sanitaire, les marchés ont conservé leur optimisme mardi, à l'ouverture, voulant croire que le pic de l'épidémie de coronavirus est en passe d'être franchi en Europe.

Emboîtant le pas aux marchés asiatiques, qui ont fini sur des progressions autour de 2%, les indices européens ont confirmé mardi leur entrain de la veille, galvanisés notamment par le bond de plus de 7% de Wall Street, lundi.

Un espoir

Vers 10h30, Paris montait de 3,79%, Londres de 3,23% et Francfort progressait de 4,46%. De leur côté, Milan et Madrid prenaient respectivement 4,58% et 3,42%. «L'espoir grandit de voir les pays européens gagner la bataille contre le virus», relève Michael Hewson, un analyste de CMC Markets UK.

Pourtant, si la baisse au cours du week-end du nombre quotidien de décès en Italie et en Espagne, les deux pays européens en première ligne, a permis aux marchés de reprendre espoir, la décrue paraissait loin d'être confirmée mardi.

«Pas le moment de se relâcher»

Ainsi, la tendance baissière s'est bien poursuivie en Espagne lundi mais le bilan est reparti à la hausse en Italie, avec 636 décès supplémentaires en 24 heures dans le pays le plus endeuillé au monde. Et la France a aussi annoncé un nombre important de décès, 833 de plus.

L'inquiétude était également forte au Royaume-Uni, après l'admission du Premier ministre Boris Johnson, atteint du Covid-19, dans une unité de soins intensifs lundi soir. Les États-Unis, qui comme depuis plusieurs jours ont encore enregistré lundi soir plus de 1 000 morts en 24 heures, se préparent de leur côté à «subir le pic de cette terrible pandémie», a mis en garde le président Donald Trump.

Défi

De leur côté, les cours du pétrole se reprenaient, retrouvant l'espoir qu'une réunion de l'OPEP et de ses alliés cette semaine puisse produire un accord pour réduire la production. Sur le marché des changes, l'euro remontait face au dollar, tout comme la livre sterling, qui avait légèrement perdu du terrain à l'annonce, lundi soir, du placement de Boris Johnson en soins intensifs.

«Après la forte hausse de la veille de part et d'autre de l'Atlantique, une progression qui a salué le passage du pic de l'épidémie ou sa proximité à plusieurs endroits au sein des pays occidentaux, les marchés et les investisseurs vont devoir creuser davantage les défis posés par la question du déconfinement», juge dans une note Tangi Le Liboux, un stratégiste du courtier Aurel BGC.

Soutien économique

«Les mesures de restriction vont durer encore longtemps» et «affecter l'activité économique», prévient-il, alors que plus de la moitié de l'humanité est aujourd'hui confinée. Pour tenter d'alléger la facture de la crise, les annonces de soutien économique de la part des États et des banques centrales se poursuivent tous azimuts.

Après le Japon qui a annoncé lundi un plan d'aide à l'économie massif de 915 milliards d'euros, la Réserve fédérale américaine a fait savoir qu'elle allait se mobiliser pour participer au gigantesque plan de sauvetage des petites et moyennes entreprises.

De leur côté, les ministres européens des Finances devraient réussir à s'entendre, mardi, sur de premières mesures économiques communes face au coronavirus, même si elles ne seront sans doute pas aussi ambitieuses qu'espérées par Paris, Rome et Madrid. Dans ce contexte, les rendements obligataires européens se tendaient à la marge, en particulier le taux d'emprunt à dix ans de l'Allemagne, qui fait référence.

(L'essentiel/afp)

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