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Selon l'enquête OpenLux menée par plusieurs journaux européens, Kering aurait mis en place un «système de rémunération offshore» pour «verser des dizaines de millions d'euros de salaires à ses dirigeants, par l'intermédiaire d'une société luxembourgeoise baptisée Castera». (photo: AFP)

11 février 2021 12:35

OpenLux/Kering

78 millions d'euros de salaires via le Luxembourg

LUXEMBOURG - Le géant du luxe Kering, qui détient Gucci et Balenciaga, aurait utilisé des filiales financières au Luxembourg pour verser des «rémunérations offshore».

Le géant du luxe Kering, qui détient les marques Gucci, Balenciaga et Yves Saint Laurent, aurait utilisé pendant des années des filiales financières au Luxembourg pour verser des «rémunérations offshore» à certains de ses dirigeants, affirme jeudi le quotidien Le Monde. Au terme de l'enquête OpenLux menée par plusieurs journaux européens, dont Le Monde, pour passer au crible le régime fiscal du Grand-Duché, le journal affirme que Kering a mis en place un «système de rémunération offshore» pour «verser des dizaines de millions d'euros de salaires à ses dirigeants, par l'intermédiaire d'une société luxembourgeoise baptisée Castera».

Le site Mediapart avait détaillé en 2018 comment Kering avait réglé «une partie des salaires du patron de Gucci, Marco Bizzarri», via cette société créée en l'an 2000, «économisant une grande partie des cotisations sociales qu'il aurait payées en Italie», rappelle-t-il. Kering «a reconnu auprès du Monde que "plusieurs" autres dirigeants des prestigieuses maisons du groupe ont été salariés et rémunérés par cette société luxembourgeoise, dans laquelle ils n'ont jamais mis les pieds», dit l'article.

«L'activité de ces sociétés est parfaitement légitime et légale»

Castera aurait ainsi «versé 78 millions d'euros de salaires à ces mystérieux bénéficiaires, en 2018», en payant «moins de 1% de cotisations sociales (...) contre au moins 10% si elles avaient été versées depuis la France». Kering a indiqué au journal «que ni le PDG, François-Henri Pinault, ni son bras droit, Jean-François Palus, ne sont concernés». Interrogé par l'AFP, Kering a affirmé que la «présence de filiales au Luxembourg est normale» pour un groupe «international, présent dans plus de 60 pays», ajoutant: «L'activité de ces sociétés, dont le nombre est très limité et l'existence liée à des raisons historiques, est parfaitement légitime et légale».

Selon Le Monde, ce «système de rémunération offshore» a été abandonné «en mars 2019» par Kering qui a transféré «la plupart de ses actifs du Luxembourg vers les Pays-Bas – un autre paradis fiscal un peu plus opaque, où elle n'a pas l'obligation de publier ses comptes». Après avoir été condamné en 2019 en Italie à payer une amende record de 1,25 milliard d'euros pour fraude fiscale, Kering est visé en France depuis février 2019, par une enquête du parquet national financier, pour «blanchiment de fraude fiscale aggravé» et, selon Le Monde, le fisc «lui réclame 150 millions d'euros dans le cadre d'un redressement fiscal sur sa filiale française Yves Saint Laurent».

L'administration fiscale a indiqué à l'AFP que le «secret fiscal ne (lui) permet pas de confirmer ou d'infirmer ces chiffres».

(L'essentiel/afp)

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