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Le vice-Premier ministre, ministre du Travail, Dan Kersch, a fait le point sur le chômage partiel. (photo: Julien Garroy)

01 mars 2021 10:38

Au Luxembourg

Le chômage partiel sera plus dur à obtenir dès mai

LUXEMBOURG - L'instrument du chômage partiel, massivement utilisé depuis un an, sera plus restrictif à compter de mai.

Le chômage partiel continue à changer au fil des mois et va encore évoluer en mai. Ainsi, il n'est plus, depuis janvier, calculé pour un nombre de salariés par entreprise, mais sur un nombre d'heures de travail, pour chacune de ces entreprises. Dans ce cadre, le gouvernement distingue deux sortes de secteurs: ceux qui sont vulnérables face à la crise du Covid (horeca, tourisme, événementiel) et les autres.

Les entreprises des secteurs vulnérables pourront continuer à bénéficier du chômage partiel pour 100% des heures de travail jusqu'au printemps. Puis, en mai, ce chiffre sera ramené à 50%. En outre, elles ne pourront alors plus licencier, alors qu'elle le peuvent aujourd'hui dans une certaine mesure. Pour les secteurs non vulnérables, la possibilité de chômage partiel est diminuée de 15% des heures de travail à 10%. Et elle ne peuvent toujours pas licencier, si elle veulent profiter du chômage partiel.

151 322  salariés

«Des exceptions sont possibles», nuance toutefois le ministre du Travail, Dan Kersch, en présentant ces changements, lundi matin. «Si une entreprise montre, par un plan de maintien dans l'emploi, par un plan de redressement ou par un accord intersectoriel que les conditions ne sont pas adaptées pour elle, on peut encore augmenter le nombre d'heures de chômage partiel». Depuis la mise en place de ce système, 130 plans de maintien dans l'emploi, une trentaine de plans de redressement et quatre accords intersectoriels ont été soumis aux autorités. 

Il faut dire que depuis un an, le chômage partiel a été un instrument massivement utilisé pour tenter de maintenir les sociétés à flot. «Avant la crise, 18 entreprises par mois demandaient le chômage partiel et nous payions 635 000 euros par mois», se souvient le vice-Premier ministre. Depuis mars 2020, les montants payés oscillent entre 8 et 49 millions et 151 322 salariés, un «chiffre énorme», de 15 379 entreprises ont bénéficié du chômage partiel. Le secteur du commerce arrive en tête (3 020 entreprises et 27 514 salariés), devant la construction (2 400 entreprises, 27 930 salariés) et l'horeca (1 849 entreprises, 18 718 salariés).

«Charge psychologique»

En un an, l'État a déboursé, en tout, 985,3 millions d'euros, dont 580,6 millions étaient réellement dus. La différence s'explique par les montants versés en trop dans les quatre premiers mois de la crise, lorsque le chômage partiel était avancé, et non remboursé. «Nous avons payé 396,3 millions d'euros en trop, et en avons déjà récupéré 364,8», précise le ministre. «Il reste 31,5 millions qui n'ont pas été remboursés, malgré trois ou quatre relances à des entreprises dont certaines ne sont pas très concernées par la crise. On ne va plus attendre, après le 4e rappel, on va récupérer cet argent par les moyens dont nous disposons».

Mais au-delà des chiffres, Dan Kersch évoque les difficultés humaines liées à la crise. «Il y a une charge psychologique, quand on est au chômage partiel. On a des craintes pour soi et sa famille, pour l'avenir. Ce n'est pas du congé supplémentaire. Les indemnités sont liées à des conditions très strictes, il faut être disponible à tout moment. La plupart des gens qui sont au chômage partiel y renonceraient immédiatement».

(jw/L'essentiel)

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