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Les propriétés du Saint-Siège sont grandement le fruit d'investissements réalisés depuis un siècle.

21 février 2021 15:00

Patrimoine

L'immobilier, manne et casse-tête pour le Vatican

Le Vatican lève enfin le voile sur le détail de son patrimoine immobilier valant des milliards d'euros, bas de laine source d'indépendance mais aussi de scandales.

Adresses prestigieuses à Paris, Londres et Genève, flopée d'appartements à Rome: le Vatican lève enfin le voile auprès de l'AFP sur le détail de son patrimoine immobilier valant des milliards d'euros, bas de laine source d'indépendance mais aussi de scandales. «Quand on dit que la majeure partie de l'immobilier à Rome appartient à l’Église et au Vatican, c'est tout simplement faux!», s'insurge Mgr Nunzio Galantino, président depuis plus de deux ans de l'Administration du patrimoine du siège apostolique (Apsa), dans un entretien à l'AFP.

Las des fantasmes «sensationnalistes» suscités par le trésor caché des souverains pontifes, cet Italien enjoué fait partie du cercle de confiance du pape François, choisi pour centraliser et mieux contrôler les biens immobiliers et les fonds financiers du Vatican. Les propriétés du Saint-Siège sont grandement le fruit d'investissements réalisés depuis un siècle. L'année 1870 marquait la fin des États pontificaux, rattachés au Royaume d'Italie. Six décennies plus tard, en 1929, l’État de la Cité du Vatican (44 hectares) était créé par les accords de Latran.

Appartements vides et délabrés

Le Saint-Siège sera dédommagé pour la confiscation de ses territoires et biens ecclésiastiques, comme le gigantesque palais du Quirinal (résidence de trente papes, qui loge aujourd'hui le président de la République italienne). Le pape de l'époque, Pie XI, décide d'investir en Italie et à l'étranger dans l'immobilier «pour assurer la liberté et l'indépendance de l’Église», explique Mgr Galantino. Au cœur de Paris - boulevard Saint-Michel, quartiers de l'Odéon ou des Champs-Élysées -, les services de l'évêque gèrent de longue date 737 biens immobiliers (près de 56 000 m2) estimés à 595,5 millions d'euros.

À Londres - notamment à Saint James square, Kensington et New Bond Street - 27 autres biens immobiliers (4 600 m2) sont estimés à 108,5 millions d'euros. Et en Suisse - à Genève et à Lausanne en particulier - 140 biens (plus de 16 000 m2) sont évalués à plus de 91 millions d'euros. À Rome, ce sont des immeubles entiers qui ont été construits notamment sur deux axes convergeant directement à la place Saint-Pierre, dont la célèbre Via della Conciliazione. L'Apsa loue ainsi 2 400 appartements et 600 commerces ou bureaux italiens, qui ont rapporté 99 millions d'euros en 2019.

Sur 1,6 million de mètres carrés, 15% sont sur le marché libre de la location et 30% soumis à des loyers subventionnés consentis notamment à des employés et retraités. Les 55% restants sont occupés par des institutions vaticanes ou sont prêtés gratuitement à des écoles ou des universités. L'objectif est d'améliorer «la performance des actifs immobiliers», assure le chef de l'Apsa, convenant que certains appartements sont vides et délabrés après des décennies d'occupation. Mais loin des logiques mercantiles, le Saint-Siège a préféré récemment allouer un immeuble aux bonnes œuvres du pape, malgré sa vue directe sur la Place Saint-Pierre. Et sur l'une des plus chics collines romaines, un somptueux bâtiment a été dédié à la formation du clergé.

(L'essentiel/afp)

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