Navigieren auf L'essentiel Online - Mobile

storybild

Usch Biwer, potier de Nospelt, 80 ans, nous retrace tout au long de la semaine l'histoire des Péckvillercher sur «L'essentiel Radio». (photo: F.aussems)

23 mars 2021 11:35

Usch Biver

«Des Péckvillercher peuvent atteindre 100 euros»

LUXEMBOURG - Le potier de Nospelt Usch Biver nous dit tout sur les Péckvillercher, les petits oiseaux-siffleurs bien connus au Grand-Duché.

Potier de 80 ans du côté de Nospelt au Luxembourg, Usch Biver est l’invité de Jean-Luc Bertrand depuis le début de la semaine. En l’absence de l’Emaischen, cette année, une nouvelle fois, il évoque sur nos ondes les Péckvillercher. «On va arriver à vendre les petits oiseaux-siffleurs grâce à Internet», nous explique-t-il. «C’est la nouvelle méthode et cela fonctionne très bien sur le site de l’ASBL Emaischen.Lu».

«Tous les Péckvillercher qui sont faits à Nospelt avec la terre argileuse de Nospelt ont un «stample» qui s’appelle «Echte Nospelt», poursuit Usch Biver. «Cela veut dire que cela vient vraiment de Nospelt. Certains oiseaux peuvent atteindre les 100 euros. Depuis quelques années, une personne à qui j’ai appris à les faire, a eu cette idée de créer des objets pour les collectionneurs. C’est très intéressant. Cette année, avec Internet, on a tout mis en place pour respecter les livraisons dans un cadre sanitaire lié au Covid-19. Les Péckvillercher seront alors disponibles le lundi de Pâques».

Usch Biver en quelques questions

Mon premier job? Mon premier salaire, c’était après l’école technique. C’était dans une société de constructions métalliques et mécaniques. J’ai touché mon premier salaire à l’âge de 18 ans. C’était assez pour m’acheter mon premier vélo de course. Mon père est décédé par la suite et il n’a jamais su combien il avait coûté.

Revivre un moment de ma vie? J’ai été marqué par ce moment où j’ai décroché mon diplôme d’ingénieur à Munich. C’était très difficile de se remettre aux études à 26 ans. J’ai eu du mal parfois, mais j’étais très content d’y parvenir à l’âge de 30 ans.

Réécoutez la séquence du vendredi 26 mars

Usch Biver habite à Nospelt et c’est un des potiers qui fabriquent les Péckvillercher. Une nouvelle fois malheureusement, ce ne sera pas possible de fêter l’Emaischen, cette année au Luxembourg, mais grâce à notre Story, on espère vous mettre un peu de baume au cœur.

Est-ce que la politique s’en mêle parfois ? «Certainement», confirme Usch Biver à notre micro. «L’année dernière, j’avais fait les couleurs de notre gouvernement et sur les ailes, il y avait donc du rouge, du bleu et du vert. Comme les trois partis qui représentent l’actuelle coalition gouvernementale. Cette année-ci, ce sera autre chose, car ma femme m’a demandé d’arrêter, une fois, avec ces couleurs. Elle souhaitait que je fasse quelque chose de différent et finalement, je l’ai écoutée, pour une fois. Celui de cette année est de couleur blanche cumulus. Il y a donc des nuages en forme d’un cumulus».

Réécoutez la séquence du jeudi 25 mars

Pour marquer le coup suite à cette malheureuse nouvelle annulation de l’Emaischen, en raison du Covid-19, la Story de L’essentiel Radio est consacrée tout au long de cette semaine aux Péckvillercher. Usch Biver, potier à Nospelt nous en parle en long et en large.

Pour réserver un petit oiseau, cette année, il faudra donc passer par Internet via l’ASBL Emaischen.Lu « pour trouver toutes les informations nécessaires », nous a-t-il d’emblée indiqué sur nos ondes. «Le lundi de Pâques, il y aura un circuit en voiture et les clients pourront venir les chercher de cette façon. Les modèles sont exposés sur le net pour que chacun puisse voir quelle pièce il désire se procurer. Chaque producteur laisse parler sa créativité, chaque année, dans son atelier privé à la maison. On les cache et on les sort alors pour la fête. C’est à ce moment-là que l’on regarde ce que la concurrence a réalisé. Il y a toujours de l’humour dans tout ça».

«Un collègue, un ami, a réalisé un Péckvillchen en forme de Super Jemp», poursuit Usch Biwer. «Je suis très fier de son travail et cette année-ci, encore, vous serez très étonnés de la forme de ses petits oiseaux». Né en 1941, Usch Biwer ne fait pas ses 80 ans. «20 ans de moins facile? Alors j’aimerais encore vivre pendant 20 ans», affirme-t-il en souriant à Jean-Luc Bertrand. «Sinon, il n’y aura plus de Péckvillercher après moi, avec la terre de Nospelt».

«Potier, c’est mon 4e métier», reconnaît Usch Biwer à notre micro. «C’est le fil rouge de mes métiers. Mon premier métier, c’était ajusteur-outilleur, ingénieur-technicien et trois ans après, ingénieur diplômé après avoir étudié à l’université de Munich. Et maintenant, au lieu d’être ingénieur, je suis potier. C’est celui qui me donne le plus de plaisir pour le moment et ça me fait rester jeune. Ma femme ne veut plus entendre parler de Péckvillercher, car je disparais toujours dans mon atelier où je ne compte pas les heures. Elle dit que je suis marié avec mes petits oiseaux. Ce sont comme mes enfants et du coup j’en ai pas mal. Tous les ans, j’en fais 200 pour l’ASBL, et puis j’en fais encore 200 à côté pour tous mes amis».

Réécoutez la séquence du mercredi 24 mars

Le potier de Nospelt Usch Biver est à nos côtés tout au long de la semaine pour faire vivre la tradition de l’Emaischen, une nouvelle fois annulé, cette année, en raison des mesures sanitaires liées au Covid-19. Péckvillercher dans les mains, «ils se ressemblent tous, mais ils sont tous différents, car ils sont faits à la main avec la matière de mon jardin», précise-t-il sur nos ondes. «C’est de l’argile et c’est pour ça qu’il y avait de l’argile à Nospelt. C’était un des villages les plus pauvres du Luxembourg, car sur l’argile, il n’y a pas grand-chose qui pousse».

Mais combien de temps cela prend pour créer un Péckvillchen? «C’est la question que tout le monde me pose», reconnaît Usch Biver. «Je réponds toujours que c’est un loisir et que je ne compte pas le temps. En une heure, j’arrive à en faire dix sur le tour et puis, je dois les laisser sécher. Le lendemain, je recommence à les former pendant une demi-heure après le tour. Et puis, je les laisse encore sécher jusqu’au moment où ils sont cuits. Finalement, quand on compte toutes les minutes, on arrive à deux heures par pièce, au moins».

Usch Biver en quelques questions

Un souvenir de mes 18 ans? C’est le moment où j’ai terminé mon certificat d’aptitude professionnelle et j’ai reçu le premier prix de ma promotion. Mon père est venu avec moi pour décrocher le prix à la Chambre des métiers et c’est le seul diplôme que j’ai exposé dans mon bureau.

Quand je ne travaille pas? C’est très simple, je regarde autour de moi, et je vois partout quelque chose à faire. Cela change et tous les jours, je fais quelque chose. Tous les gens qui me connaissent viennent me voir pour tenter de régler un petit problème. «Usch» règle tout.

La chose que j’aime le moins dans la nature humaine? Je n’aime pas du tout la jalousie et les gens qui sont jaloux. Tout le monde a le droit de faire ce qu’il veut et ce qu’il peut. Moi, je suis parti à l’université à 26 ans, parce je voulais devenir ingénieur diplômé.

Quelle couleur dans une boîte de crayons? Le bleu, car c’est ma couleur.

Réécoutez la séquence du mardi 23 mars 2021

En raison des mesures sanitaires liées à la crise du Covid-19, l'Emaischen ne pourra pas avoir lieu cette année, mais L'essentiel Radio a décidé de combler ce manque en invitant, tout au long de cette semaine... Eugène «Usch» Biver. Mais qui est donc Usch Biver? «Je suis né en 1941, deux semaines après le décès du dernier potier de Nospelt», rappelle-t-il d'emblée sur nos ondes. «Je me cache derrière les fabrications des petits oiseaux-siffleurs, les «Péckvillercher» en luxembourgeois».

Mais d'où vient l'histoire des Péckvillercher? «Le village de Nospelt était connu dans le pays et au-delà des frontières pour ses poteries. Au XVIIIe et au XIXe siècles, vers Pâques, c'était la haute saison. Les fours brûlaient et on faisait des pots de lait et toutes sortes de choses pour les vendre à l'Emaischen à Luxembourg-Ville, où il y avait la fête des potiers. Pour cette occasion, on faisait des pots et des tasses et tout ce dont on avait besoin dans une cuisine. Et avec le reste de la terre, le potier faisait un petit oiseau, un Lockvögel en allemand. En Allemagne, il y a cette pancarte sur tous les cafés, c'est l'oiseau qui attire la clientèle. On sifflait donc dans cet oiseau en terre cuite et les enfants guidaient leurs parents vers les stands de poterie où ils se souvenaient avoir trouvé un bel oiseau l'année précédente. L'enfant recevait donc le petit Péckvillchen et madame achetait les pots dont elle avait besoin pour les années à venir».

Il y avait donc l'utile pour les parents et le plaisir pour les enfants. «C'est tout à fait ça et c'est l'origine des Péckvillercher», confirme Usch Biver. «Depuis toujours, je cherche à savoir d'où vient le mot «Péckvillchen» en luxembourgeois. J'ai trouvé 36 explications, mais aucune ne va complètement bien et je ne sais toujours pas, à bientôt 80 ans. On les appelle donc Péckvillercher et puis c'est tout». Le terme «Emaischen» vient quant à lui de la ville «Emmaüs». «Du temps où la majeure partie de notre pays n'était pas en mesure d'écrire, ni de lire, on jouait dans les rues, les scènes où Jéus-Christ se promenait vers «Emmaüs». Deux de ses disciples n'avaient pas réussi à le reconnaître après sa résurrection. C'était du théâtre à l'air libre et il y avait là beaucoup de monde. Les potiers de Nospelt avaient déjà le sens du commerce et ils ont donc voulu y venir, le lundi de Pâques pour y vendre leurs poteries. C'était donc de l'argent frais qui entrait au village. Entre Luxembourg et Nospelt, il y avait pas mal de cafés et, alors que les femmes attendaient leurs maris avec beaucoup d'argent, elles étaient obligées de venir les rechercher pour récupérer un peu d'argent utile durant toute l'année».

Réécoutez la séquence du lundi 22 mars 2021

La playlist de Usch Biver

«Que Sera Sera» est le dernier titre de la Story de Usch Biver.

«Morning Mood», cela met tout de suite une certaine sérénité, ça calme. On peut discuter ensemble et vous avez bien réussi».

«Non, je ne regrette rien» d’Edith Piaff est le troisième titre de la playlist de Usch Biwer. «Il y a un message derrière ce choix», dit-il, «Et si je pouvais, je ferais la même chose».

Deuxième titre: une valse de Vienne. «Suis-je un valseur? Ma femme dit toujours que je saute de trop quand je danse une valse avec elle».

«Stranger in the night» de Frank Sinatra revient une fois de plus dans la playlist de L'essentiel Radio. «J'aime beaucoup ce titre», nous a confié Usch Biver.

(Frédéric Lambert / L'essentiel )

Recommander

Commentaires

en chargement...

Résultats