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Roby Biwer, président de l'ASBL natur&ëmwelt, est l'invité de «L'essentiel Radio» tout au long de cette semaine.

29 mars 2021 13:44

Roby Biwer

«Il y a encore des serpents au Luxembourg»

LUXEMBOURG - Le Centre de soins pour la faune sauvage à Dudelange accueille plus de 160 espèces et Roby Biwer, son responsable, évoque quelques cas particuliers.

Les nombreuses activités de l’ASBL natur&ëmwelt ou encore le Centre de soins pour la faune sauvage à Dudelange, Roby Biwer s’est confié tout au long de la semaine sur L’essentiel Radio. «A travers tout le Luxembourg, on dispose de containers aménagés», a-t-il rappelé sur nos ondes. « Ils sont à Junglinster, à Niederfeulen et à Clervaux. Nos bénévoles-taxis sont toujours disponibles et leur temps de réponse est en dessous de 8 minutes. On va aller chercher les animaux en détresse et on les ramène à Dudelange. C’est un grand succès et grâce à cette initiative, on reçoit tout de même entre 400 et 500 animaux du nord du Luxembourg chaque année».

Roby Biwer s’est dit surpris d’avoir trouvé certaines espèces de serpents dans le sud du Luxembourg. «Ici, il n’y a pas de serpents dangereux», a-t-il souligné, «mais je ne croyais pas que l’on pouvait encore trouver ces serpents-là. Chez nous, on accueille plus de 160 espèces d’animaux et certaines sont parfois assez rares. C’est toujours intéressant, mais on ne les voit pas toujours. Chaque jour, nous devons faire face à une nouvelle situation, c’est vrai».

«C’est un très grand problème», reconnaît Roby Biwer. «Mais les Ponts et Chaussées, avec le concours des personnes privées, ont très bien réagi par rapport à cette problématique. L’ASBL natur&ëmwelt est intervenue sur beaucoup de trajets de migration des crapauds et ça fonctionne. On a mis en place une équipe de bénévoles à partir de ce printemps et ils font des rondes et des surveillances pour faire le point sur la situation. On trouve ainsi des chemins de migration qui ne sont pas assurés et on intervient avec les Ponts et Chaussées».

Réécoutez la séquence du vendredi 2 avril 2021

Tout le monde connaît le Centre de soins pour la faune sauvage à Dudelange et son responsable, Roby Biwer, par ailleurs, président de l’ASBL natur&ëmwelt. Il est notre invité, cette semaine, sur les ondes de L’essentiel Radio. «Je suis président de cette ASBL depuis 2013», a-t-il précisé à notre micro.

Roby Biwer en quelques questions



Mon premier job? Ma première fiche de salaire? 
Mon premier job et c’était le seul: je suis entré aux chemins de fer (CFL) et j’y suis resté jusqu’à la retraite. Je me souviens de mon premier salaire, car ma première dépense était pour mes parents. J’avais 18-19 ans et ils avaient un service avec des assiettes et tout, qui avait souffert avec trois enfants. Je leur ai donc acheté un nouveau service. J’ai pensé à eux dès mon premier salaire.

Ce que j’aime le moins dans la nature humaine? Plusieurs types de caractère, mais surtout l'arrogance.

Dans une boite de crayons de couleur, je serais? 
J’imagine que vous attendez à ce que je vous réponde le vert, mais vous allez être surpris. Je vais dire le rouge, car c’est la couleur du sang. Pour moi, le rouge est une couleur dynamique.

Bluffé par quelle personne? 
Cela fait trois ou quatre ans que j’ai rencontré Kim Phan Thi en Corée du Sud. C’est la jeune fille qui avait été photographiée au moment de la guerre du Vietnam. Elle était toute nue et victime d’une attaque au Napalm. Elle était brûlée à plus de 80% et j’ai eu la chance de rencontrer cette femme. Elle a subi près de 35 opérations et elle a encore du mal à bouger certaines parties de son corps à cause des cicatrices liées à ses brûlures. Et ce qui est incroyable, c’est que dans son discours, je n’ai pas trouvé la moindre rancune. Elle était très positive et elle insistait pour que les gens se mettent ensemble et parlent ensemble. Rester des adversaires ne sert à rien…

Revivre un moment de ma vie? 
Le moment le plus touchant, c’était la naissance de mes deux fils. C’était très émouvant. La première bouffée d’air qui rentre dans un petit être vivant, c’est inexplicable. C’est touchant et c’est merveilleux.

Réécoutez la séquence du jeudi 1er avril 2021

Roby Biwer est le président de l’ASBL natur&ëmwelt et tout au long de cette semaine, il nous fait le plaisir de répondre à nos questions dans la Story de L’essentiel Radio. Il y a quelques jours, un renard argenté a été retrouvé à Niederanven, mais d’où peut-il donc bien provenir? «Ce n’est pas un animal de la faune sauvage», confirme-t-il sur nos ondes, «car nos renards, ici chez nous, ne sont pas argentés. J’estime qu’il vient d’un élevage privé. Il a dû s’échapper ou il a été mis dehors, je ne sais pas. Il n’est pas apte pour vagabonder dans notre nature. À Dudelange, nous sommes un Centre de soins pour la faune qualifiée de sauvage. On peut rencontrer des problèmes si on a trop d’animaux qui ne sont pas du Grand-Duché. C’est le cas avec les espèces invasives».

Et Robie Biwer de donner un exemple concret. «Le raton-laveur est un grand prédateur», rappelle-t-il, «et il attaque beaucoup d’animaux. Il vide les nids des oiseaux, il fait des ravages dans notre nature, et selon les directives européennes, on devrait le détruire, mais on ne fait pas ça, car un animal sain, en bonne santé, on ne le tue pas. Jusqu’à présent, on arrivait à mettre les ratons laveurs dans des parcs animaliers, surtout en France, mais là aussi, tout est rempli. C’est donc un problème auquel il va falloir trouver une solution. Ils se reproduisent vite et beaucoup, donc chez nous, ils sont stérilisés par nos vétérinaires».

«Un grand rapace nous coûte jusqu’à 150 euros»

Qu’en est-il des cigognes au Luxembourg? «Pendant plus de 100 ans, elles avaient quitté le Grand-Duché», reconnaît Roby Biwer, «et d’années en années, depuis 2016/2017, on remarque que de plus en plus de cigognes vivent au Luxembourg. C’est aussi le résultat de la politique réalisée avec la «renaturation» des prés humides, des surfaces où les cigognes peuvent trouver de la nourriture. C’est un oiseau-migrateur, mais la migration est un phénomène très intriguant, car on a remarqué que des cigognes avaient décidé de rester au Luxembourg durant l’hiver. Pour nous, une des raisons, c’est le réchauffement climatique. Pendant plusieurs semaines, nous n’avons plus de couverture de neige et c’est donc possible de toujours trouver de la nourriture. Et quand ça devient trop froid, il faut imaginer qu’une cigogne, en trois jours, elle peut se rendre à Gibraltar pour échapper à la chute des températures».

Mais comment ce type d’associations est-elle financée au Luxembourg? «On doit avoir beaucoup de donateurs et on en a», se félicite Roby Biwer. «On est subventionné par le ministère de l’Environnement et par le ministère de l’Agriculture. Le ministère du Travail aussi nous aide à employer des chômeurs de longue durée, mais ça ne suffit largement pas. On a édité un «flyer» pour montrer aux gens combien coûte un petit oiseau (30 euros). Cette somme nous permet de le guérir et de le réadapter à la nature. Un grand rapace nous coûtera jusqu’à 150 euros et avoir des volières supplémentaires nous coûtera aussi, donc chaque don, chaque soutien financier est vraiment le bienvenu».

Réécoutez la séquence du mercredi 31 mars 2021

Président de l’ASBL,natur&ëmwelt, mais aussi responsable du Centre de soins pour la faune sauvage (Fleegestatioun fir wëll Déieren) à Dudelange, Roby Biwer se dévoile tout au long de cette semaine sur les ondes de L’essentiel Radio. «Et on se doit d’insister sur le terme «faune sauvage», car on ne prend pas en charge des chats et des chiens», rappelle-t-il à notre micro. «Cela peut aller des écureuils aux oiseaux, en passant par les marcassins. Dans notre équipe, on est seize salariés et on peut aussi compter sur une cinquantaine de bénévoles. On dispose d’une équipe de vétérinaires et d’une équipe de soigneurs, sans oublier notre équipe technique, car il y a toujours des choses à bricoler. Amener du foin, réparer des cages et des volières, c’est du travail».

Et si le cœur vous en dit, le centre de Dudelange est toujours à la recherche de bénévoles. «On a plusieurs profils de bénévoles», souligne Roby Biwer. «Certains viennent nourrir les animaux, d’autres font l’accueil téléphonique. Et on a aussi des bénévoles «taxistes». On les appelle comme ça, car on a sur trois endroits au Luxembourg, des containers, à Clervaux, Niederfeulen et Junglinster, où les gens de la région peuvent déposer un animal en détresse qu’ils ont trouvé. Dès qu’ils ont franchi la porte du container, on reçoit un signal à Dudelange et l’équipe des bénévoles taxistes est mise à disposition pour ramener tout de suite les animaux pour ne pas attendre une demi-journée. Cette opération augmente le taux de réussite pour sauver des animaux».

Chaque année, le Centre de soins pour la faune sauvage accueille des milliers d’animaux, mais comment s’y prendre lorsque l’on trouve un animal? «Alors, il faut faire la part des choses entre un animal esseulé et un animal blessé», indique Roby Biwer. «Le premier réflexe, c’est de se demander, si c’est un animal abandonné, un jeune oiseau par exemple qui est tombé non loin de son nid. Il faut savoir que la très grande majorité des oiseaux ont un odorat qui est très sous-développé. On peut donc les toucher. Par contre, si l’on voit un jeune chevreuil dans un pré, il faut se demander s’il est blessé ou s’il est en train d'errer dans la campagne. Alors, il y a peut-être un problème. Si on le touche, là, l’odorat est tel que la mère pourrait le rejeter. Quand on ne sait pas quoi faire exactement, je conseille toujours d’appeler notre Centre à Dudelange pour que l’on puisse vous conseiller».

Réécoutez la séquence du mardi 30 mars 2021

Président de l’ASBL natur&ëmwelt , Roby Biwer est l’invité de L’essentiel Radio tout au long de cette semaine. Avec 11 000 membres et 40 associations partenaires, natur&ëmwelt  est à la disposition des animaux au Luxembourg. «Notre but principal est de prendre en charge les animaux qui sont en détresse», rappelle notre invité. «Tous les animaux qui sont blessés, qui sont seuls, mais on est là pour minimiser le contact avec les êtres humains. On fait tout pour les guérir et les remettre dans la nature dans des conditions optimales».

Quand on voit les grues cendrées revenir au Luxembourg, on se dit que la grosse saison va commencer pour natur&ëmwelt. «Nous avons beaucoup de pensionnaires durant toute l’année», poursuit Roby Biwer. «Par exemple, les hérissons, on les garde pendant l’hiver et puis, on les relâche au printemps. Mais c’est vrai, la grande saison commence en avril et se termine au mois de septembre. On a commencé nos activités, il y a 30 ans, dans une maison privée. On se demandait alors comment aider les animaux et on a trouvé ce créneau. On a commencé avec 139 animaux pris en charge et en 2020, on était à 3 730. C’est une évolution énorme qui démontre que notre environnement actuel peut mieux faire par rapport aux animaux».

«Un petit pourcentage d'animaux exotiques»

«Mais cela démontre aussi que les citoyens s’intéressent de près à tout ce qui concerne la nature», reconnaît Roby Biwer, dont le siège de l’association est basé à Dudelange. «Nous sommes en train d’agrandir, car on travaillait sur un site initialement prévu pour 100 animaux et nous sommes aujourd’hui avec près de 1 000 animaux. Cela change tout et cela coince de partout. Heureusement, avec le concours de la commune de Dudelange, on dispose d’un terrain avec 43 ares supplémentaires et cela nous donne un peu d’oxygène».

«Ce qui est intéressant pour tous ceux qui travaillent chez nous», souligne encore Roby Biwer, «nos bénévoles et notre personnel travaillent avec presque toutes les espèces qui vivent au Luxembourg. Quelque 75% des espèces, sont des oiseaux et le reste, ce sont des mammifères avec un petit pourcentage d’animaux exotiques. Avoir des animaux très spécifiques, c’est un peu la cerise sur le gâteau. C’est comme le renard argenté que nous recherchons depuis quelque temps ou encore des perroquets que les gens trouvent sur un parking».

Réécoutez la séquence du lundi 29 mars 2021

La playlist de Roby Biwer

La symphonie numéro 6 de Beethoven est le dernier choix de Roby Biwer. « Dans tout le répertoire classique, ce morceau représente un moment de détente », dit-il. « C’est aussi la vie dans la nature près de l’eau. Cette pastorale me plaît beaucoup mieux que la classique, la 5e, car elle me rapproche beaucoup plus de la nature ».

«Don’worry, be happy», est le quatrième titre à intégrer la playlist de Roby Biwer. «Je le trouve très humble et très simple, sans trop de chi-chi, et les mots «ne vous inquiétez pas, soyez heureux», disent tout ».

La 7e symphonie de Beethoven est très solennelle, mais c’est le 3e choix de Robe Biwer dans sa playlist. «Je suis un grand fan des compositeurs classiques comme Beethoven et Mozart. La musique classique m’a toujours intéressé depuis mon plus jeune âge».

«Je dois reconnaître que je suis un vrai fan de Vangelis», reconnaît Roby Biwer. «Lorsque je suis un peu stressé, je mets du Vangelis et ça me détend énormément».

«J’ai choisi Enya, car j’aime tout d’abord sa voix et puis, ce sont des chansons qui sont proches de la nature. Elles invitent à la promenade dans la nature».

(Frédéric Lambert/L'essentiel)

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