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L'artiste Sumo est l'invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de la semaine sur «L'essentiel Radio». (photo: Editpress/© 2018 Julien Garroy / Editpress)

08 février 2021 14:02

SUMO / Christian Pearson

«Graffer sur les avions Luxair? 200 heures»

LUXEMBOURG - Après avoir eu l'opportunité de graffer sur deux avions Luxair, l'artiste Sumo a encore des rêves au Grand-Duché. Entretien.

Sumo, artiste de street-art, nous a mis en plein les yeux depuis lundi dans la séquence «Story» de L’essentiel Radio. Très fier d’avoir pu graffer deux avions de la flotte de Luxair, Sumo reconnaît qu’il aurait pu être influencé par le clip "Comic Strip" de Serge Gainsbourg et de Brigitte Bardot. «Les pochettes des vinyles, c’était ma première influence», reconnaît l’artiste. «J’ai découvert les pochettes de disque de «Heavy-Metal» et de «Rock» quand j’étais encore à l’école primaire et à l’arrière des magazines, il y avait souvent des sections où on pouvait commander des albums. C’était comme une page remplie de petits timbres et c’était ça qui me donnait de l’inspiration».

«Pour réaliser l’habillage de deux avions de Luxair, ça m’a pris beaucoup de temps», reconnaît Sumo. «Pour la création des motifs, c’était, je crois plus de 200 heures. Le nuage, c’est quelque chose qui est présent depuis toujours. Et pour moi, c’était facile de jouer avec le message que la compagnie souhaitait véhiculer, car j’essaie toujours de mettre des messages positifs dans mon travail. Et quand je pense «voyage», je pense aux autocollants sur les valises et à la personnalisation des valises».

À côté des avions, l’artiste a également pu démontrer tout son talent à deux pas d’une salle de concert de la capitale. «J’ai pu graffer dans la cour intérieur de L’Atelier», nous rappelle Sumo. «Là, j’avais peint tous les murs, de haut en bas. J’ai mis mes personnages et j’ai écrit un gros «Hey! Oh! Let’s go!». Il y a également une très belle maison, rue de Cessange, que j’ai pu faire avec un bureau d’architecture qui s’appelle Metaform. L’immeuble est habillé en noir et j’ai fait des peintures dans des tons jaune-orange-rouge».

Réécoutez la séquence du vendredi 12 février 2021

Lorsque des jeunes viennent vers le graffeur Sumo, quels conseils lui demandent-ils? «Ils me demandent de dessiner leur nom ou un personnage», indique l’artiste. «Quand ce sont des jeunes qui aiment bien dessiner, ils me demandent souvent comment on commence et comment je prépare une toile. Pour débuter, je détruis l’espace blanc de la toile et puis, j’écris plein de choses dessus. Je travaille par couches et je me laisse inspirer par le moment. Je rajoute spontanément jusqu’au moment où j’arrive à une composition. Le graffiti, j’ai commencé à l’apprendre en le faisant et mon style a évolué avec une série d’accidents ou d’imprévus qui sont arrivés».

Mais comment fait-on lorsque l’on fait une «erreur» sur une toile? «La beauté de cet art, c’est de pouvoir le repasser autant qu'on le veut», concède Sumo. «Je préfère ne pas donner de cours, car j’estime que c’est mieux d’apprendre soi-même. C’est surtout un art solitaire, mais c’est aussi possible de travailler en équipe. J’ai déjà fait des toiles à quatre mains». «Au Luxembourg, si on m’en donnait l’opportunité, je prendrais un "kif" énorme à graffer sur le pont Rouge. On ne pourrait plus l’appeler comme ça et il faudrait alors le rebaptiser le "Pont Sumo"», indique-t-il en souriant.

La chose que j’aime le moins dans la nature humaine? La jalousie et l’égoïsme.

Quand je ne travaille pas? Je passe du temps en famille et avec mes enfants. J’aime également bien faire la fête avec mes amis, mais pour le moment, avec la crise du Covid-19, c’est impossible. Je pense que mes enfants sont fiers de ce que je fais, car ils aiment bien le montrer.

Bluffé par quelle personne? J’ai eu la chance de rencontrer l’artiste Takashi Murakami quand j’étais à Tokyo. Sa vision envers l’art et les musées était tellement claire et inspirante que cela m’a permis de me remettre en question et de voir les choses autrement. C’est un artiste contemporain japonais. Des gens le considèrent comme le Andy Warhol moderne. C’est un peinte qui fait des installations très colorées.

Un mot pour me définir? Un rouleau-compresseur. J’avance doucement, mais sûrement.

Mon rapport à l’argent? L’argent ne peut pas acheter le bonheur, mais il peut acheter de l’art, ce qui est un peu la même chose. Là, je prêche pour ma chapelle.

Ma plus belle victoire professionnelle? Les deux avions que j’ai pu graffer pour Luxair. C’est le plus grand honneur que l’on ait pu me faire. Mettre mon art sur un avion qui voyage un peu partout dans le monde…

Réécoutez la séquence du jeudi 11 février 2021

Figure incontournable du street-art au Luxembourg, Sumo se dévoile au micro de L’essentiel Radio. «Mais qu’est-ce qu’un bon graffeur?», lui a demandé Jean-Luc Bertrand. «Un bon graffeur, il a une marque, il a son univers», souligne Sumo. «Il est original et il est différent des autres. J’adore Banksy et j’ai découvert son travail quand j’ai fait mes études à Londres. Avant, il faisait des graffitis normaux et vers 1997, il a commencé à faire ses pochoirs dans Londres et j’ai vu les premiers. Je ne le connais pas, mais je l’ai déjà vu, c’est assez mystérieux…».

Mais qui sont les graffeurs Spike et Stick par rapport à l’œuvre de Sumo? «Ce sont mes meilleurs amis, on a fait les 400 coups ensemble», ajoute l’artiste. «Depuis notre premier mur jusqu’aux œuvres actuelles. Le Hall of Fame, c’est au skatepark à Hollerich, on l’a créé en 1997/98 et c’est Stick qui a commencé. Mes influences? Toutes les choses qui m’ont marqué, la TV, la publicité, surtout les journaux anglais que mon père lisait, car il y avait souvent des jeux de mots dans les titres. MTV, également. Les comics, le skateboarding, les emballages de bonbons et de céréales. Tout ça ressort encore aujourd’hui».

Mais qui est donc Crazy Baldhead? «C’est le personnage que j’ai créé en faisant du graffiti», souligne Sumo. «Il est né en 1999 après avoir cherché longtemps une signature à mettre à côté de mon nom. Il ressemble à une tête ronde avec un gros nez pointu et un sourire malicieux. Il porte des lunettes qui changent tout le temps de verres. Jamiroquaï et son titre «pppp», 3e titre de la playlist. «Cette chanson m’a transporté 25 ans en arrière quand je suis parti pour Londres», reconnaît Sumo. «C’était pour mes études et j’ai juste pris un sac avec les choses essentielles. J’avais juste une radio, mais je n’avais pas emmené mes CDs. Mon père m’a offert le nouveau disque de Jamiroquaï qui était «Travelling Without Moving». C’était le seul CD que j’avais pendant des semaines avant que mon père ne me rejoigne avec toutes mes affaires».

Réécoutez la séquence du mercredi 10 février 2021

Du mur à la toile, il est désormais possible de découvrir les œuvres de l’artiste sur Sumo.Lu. «J’ai également un atelier et une galerie, rue de Strasbourg, à Luxembourg-Ville», complète encore le graffeur. «J’ai fait régulièrement des expositions et je me laisse toujours inspirer par le moment, donc un contexte, comme celui d’aujourd'hui lié au Covid-19, cela ressort aussi dans mon travail. Mes toiles ne sont pas plus sombres, mais je mets peut-être des messages pour me motiver moi et d’autres gens. J’ai fait une toile avec un jeu de mots «Tous(-se) ensemble», en utilisant le verbe tousser pour «tous».

Sumo en quelques questions

Mon premier job? C’était de remplir les boissons chez Cactus pendant la Schuberfouer. Il y avait vraiment du boulot et c’était un job d’été.

Avec mon premier salaire? J’ai acheté une guitare et ampli, car je faisais de la musique et je jouais dans un groupe.

Un souvenir de mes 18 ans? J’avais cette idée dans ma tête que tout allait changer à partir de mes 18 ans, mais finalement rien n’a changé. J’étais la même personne, j’étais majeur et donc responsable de mes actes.

Dans une boîte de crayons de couleur? Je serai un marqueur noir déguisé en crayon.

Réécoutez la séquence du mardi 9 février 2021

L'artiste SUMO est l'invité de Jean-Luc Bertrand, cette semaine, dans la séquence «Story» de L'essentiel Radio. Lors de l'été 2020, il a eu l'opportunité de «graffer» deux avions de la compagnie Luxair. «Je ne suis pas né au Luxembourg, mais j'ai grandi au Luxembourg», nous a indiqué d'emblée celui qui s'appelle en réalité Christian Pearson. «Je me sens luxembourgeois et je parle luxembourgeois, mais je suis né en Angleterre et j'ai un passeport allemand».

Mais comment devient-on graffeur? «C'est venu avec le graffiti et je garde le langage visuel du graffiti», souligne-t-il. «Le thème, c'est le temps et l'espace et ce sont plein d'éléments qui se superposent et chaque élément représente un moment dans le temps. Plus le temps passe et plus il y a de couches. J'ai créé ce que l'on appelle en anglais des "layers of time". Il y a des bulles, des nuages, des slogans. Et puis il y a mes personnages et cela devient tout un mélange. On dirait que c'est un mur qui a été repeint plusieurs fois».

Orienté au départ vers un lycée technique, SUMO a finalement pris la direction d'un lycée d'art. «J'ai fait du graphisme et je travaillais avec les lettres et le graffiti, c'était tellement proche». Mais comment est-il parvenu à ce superbe "deal" avec Luxair, l'été dernier? «Un samedi soir, j'ai reçu un appel de Gilles Feith, CEO de Luxair. Il avait envie de faire un projet pour la fin du (premier) confinement et il avait besoin de quelque chose de joyeux pour donner envie de voyager. Deux jours après, le lundi, on s'est donné rendez-vous et on a été voir des avions. J'ai reçu carte blanche».

Comment peut-on définir le style de SUMO? «C'est un tout», a-t-il souligné à notre micro. «C'est un mélange de plein de choses. Mes bulles font penser à des bonbons. Ce sont des formes rondes organiques et puis, il y a tous les messages que je rajoute ou mes personnages qui font penser à la BD ou au skate-boarding. Moi, ce qui m'a beaucoup marqué, c'était aussi MTV. J'essaie de mélanger un peu tout ça dans mon art. Tout ce qui m'a marqué depuis toujours, cela va ressortir dans ma peinture». «Mon premier mur, c'était à la rue de Strasbourg, à Luxembourg-Ville», poursuit Sumo. «Et j'ai peint mes quatre lettres "S-U-M-O" avec un personnage à côté».

Réécoutez la séquence de ce lundi 8 février 2021

La playlist de SUMO

Bande-originale d'un film, voici 2Pac ft. Eazy E & Ice Cube. «C'était une chanson qui était au début d'un film qui s'appelle "Menace II Society», précise SUMO. «C'est un film qui m'a vraiment marqué au début quand je commençais à graffer. J'ai cherché pendant des années pour retrouver ce titre».

Deuxième titre de la playlist de Sumo. «Fame», une chanson interprétée par Irène Cara. «Ce titre est issu d’un film que j’ai vu, juste avant de partir pour l’université», se souvient Sumo. «Et je n’avais aucune idée de ce qui allait m’arriver. Donc j’ai cherché de l’inspiration dans cette chanson qui m’a marqué».

Jamiroquaï est le 3e artiste de la playlist de Sumo. «Cette chanson «Virtual Insanity» m’a transporté 25 ans en arrière quand je suis parti pour Londres», reconnaît Sumo. «C’était pour mes études et j’ai juste pris un sac avec les choses essentielles. J’avais juste une radio, mais je n’avais pas emmené mes CDs. Mon père m’a offert le nouveau disque de Jamiroquaï qui était «Travelling Without Moving» . C’était le seul CD que j’avais pendant des semaines avant que mon père ne me rejoigne avec toutes mes affaires».

Quatrième artiste à intégrer la playlist de Sumo : Lynyrd Skynyrd. «Vous connaissez certainement le titre «Sweet Home Alabama» ? C’est le même artiste et c’est une chanson que j’ai découvert dans un film qui s’appelait «Dazed and Confuse», sorti en 1993. Elle m’avait marqué en voyant le film et maintenant, c’est quelque chose qui me met dans mon «Happy place». J’aime bien l’écouter après une longue journée de travail ou lors d’un moment de relaxation».

Cinquième et dernier titre de Sumo. «Major Lazer, car c’est un groupe que j’écoute beaucoup pour l’instant», souligne le graffeur. «Et ce groupe m’inspire à faire de la peinture. Et en plus le morceau s’appelle «Aerosol Can»».

(Frédéric Lambert / L'essentiel )

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