Navigieren auf L'essentiel Online - Mobile

storybild

Romain Schneider est l'invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de la semaine. (photo: Julien Garroy)

01 février 2021 14:00

Romain Schneider

«Le tiers payant sera d’application dès 2023»

LUXEMBOURG - Le ministre de la Sécurité sociale Romain Schneider a confirmé à notre micro que le tiers payant sera appliqué au Grand-Duché d'ici deux ans.

Romain Schneider, ministre de la Sécurité sociale et de l’Agriculture, était l’invité de L’essentiel Radio tout au long de la semaine. Ce vendredi, particulièrement, Jean-Luc Bertrand lui a demandé si on pourrait avoir accès au tiers payant d’ici 2022 au Luxembourg ?

«Le tiers payant, pour rappel», précise le ministre de la Sécurité sociale Romain Schneider, «c’est quand les gens viennent chez un médecin, ils n’ont plus besoin de payer la facture et par après d’être remboursés par la Caisse nationale de santé. Avec le tiers payant, ils ne paient que leur participation prévue par les statuts de la CNS. Ce projet avance très bien et on a eu une collaboration concrète avec les autres acteurs de terrain. Les médecins doivent participer activement et le projet qui est en cours est devenu «un paiement direct» avec la notion que les gens paient uniquement leur participation, le reste étant directement payé par la CNS. Ce projet sera définitivement en place le 1er janvier 2023, mais dès maintenant en 2021 et en 2022, un grand test sera effectué avant l’introduction définitive».

«Dès 2023, aussi, la nouvelle Politique agricole commune (PAC) sera plus orientée vers les besoins exacts des États membres de l’Union européenne», se félicite Romain Schneider, le ministre de l’Agriculture. «Pour la première fois, on va faire un cadre européen en indiquant que c’est la politique à suivre pour les sept prochaines années. Cela va surtout dans la direction d’une agriculture durable, sans oublier d’intégrer les grandes stratégies européennes. C’est à nous de voir maintenant, comment, au niveau national, les États membres peuvent avoir une stratégie nationale qui corresponde aux grands défis de demain».

Grand défenseur de l’agriculture biologique, Romain Schneider veut mettre en place des moyens pour y arriver. «Le défi est là et on a mis dans l’accord gouvernemental que 20% des surfaces agricoles, en 2025, devront être exploitées par une méthode biologique. Actuellement, nous n'en sommes qu’à 5%. Il y a donc un sacré challenge à relever».

Réécoutez la séquence du vendredi 5 février 2021

Romain Schneider en quelques questions

Quand je ne travaille pas? 
 J’essaie de faire un peu de sport. Du vélo et surtout de la marche avec mon chien. C’est important de le faire et d’avoir ces périodes de repos et de réflexion, avant de revenir à la maison avec de nouvelles idées en tête. J’ai été ministre des Sports pendant dix ans et je suis ministre depuis 2009. J’ai commencé avec le Premier ministre Jean-Claude Juncker et puis, deux fois déjà, avec le Premier ministre Xavier Bettel.

Bluffé par quelle personnalité? 
 J’ai vu beaucoup de gens au niveau du sport. J’ai fait la belle période au niveau du cyclisme luxembourgeois. J’ai assisté à deux Jeux olympiques à Londres en 2012 et à Rio en 2016. Sans oublier les Jeux paralympiques. Là, j’ai vraiment rencontré des athlètes très impressionnants. Quand j’étais ministre de la Coopération, des personnes comme Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies de 2007 à 2016, m’ont impressionné, mais la personne qui m’a marqué, c’est un sportif. Plus par sa personnalité, c’est Edwin Moses, un athlète américain né en 1955 et spécialiste du 400 m haies avec 122 victoires consécutives de 1977 à 1987. Je l’ai rencontré quand le Luxembourg avait la présidence du Conseil européen. Je l’avais invité au Conseil des ministres des sports pour parler de sa «story» et après, j’ai eu la chance de le voir et on a dîné ensemble. C’est un personnage «énorme» avec des idées concrètes pour le sport et pour la vie de tous les jours.

Réécoutez la séquence du jeudi 4 février 2021

Depuis le 1er janvier 2021, le Luxembourg a interdit l'utilisation du glyphosate. «C'est défendu et toutes les autorisations vont se terminer au niveau européen en 2022», souligne le ministre de l'Agriculture, Romain Schneider. «Et par après, on verra s'il y a des prolongations. À partir du moment où on a toujours été contre lors des votes au Parlement européen et au Conseil européen, on s'est toujours dit qu'il fallait maintenir une certaine ligne de conduite. Il fallait trouver un moyen pour dire: "Nous, on dit stop, on ne veut plus du glyphosate sur notre territoire!". C'est valable pour l'agriculture, mais aussi au niveau privé ou encore au niveau des CFL. Il fallait envoyer un signe pour dire que c'était terminé».

«Lors de l'année 2020», rappelle Romain Schneider, «on avait déjà fait une mesure non obligatoire pour permettre aux agriculteurs de ne plus utiliser le glyphosate. On leur avait donné une petite prime et 65% des agriculteurs ont suivi cela ainsi que 100% des viticulteurs. Ce qui est énorme pour la viticulture luxembourgeoise. La demande actuelle, c'est de savoir quelle substance on peut utiliser? Il y a peu de produits sur le marché, alors on a essayé de faire un projet de recherche où l'innovation va jouer et je crois que dans quelques années, il y aura d'autres moyens pour combattre l'herbe. Pour l'instant, il y a plus de travail à faire et le coût de production va augmenter. On doit donc essayer de trouver d'autres solutions, maintenant».

Après la pandémie de Covid-19, comment se portent les finances de la Caisse nationale de santé? «Heureusement, la CNS ne traverse pas un moment difficile», positive Romain Schneider, qui est également ministre de la Sécurité sociale. «Il y a eu un moment difficile quand on a mis en place le congé pour raisons familiales. Des milliers de parents ont pu bénéficier de ce mécanisme, et naturellement, cela a coûté une certaine somme. À ce moment-là, il y avait quand même un certain trou dans les caisses de la CNS. Heureusement, c'est également un accord que j'avais avec le ministre des Finances. Il y a eu un remboursement de 386 millions d'euros dans les caisses de la CNS et actuellement, les caisses sont à nouveau dans un bon état. Il y a quand même plus ou moins 850 millions d'euros de réserve, ce qui est bien, mais on aura besoin de cela pour les années à venir, parce qu'il y a des projets importants au niveau de la santé et de la Sécurité sociale».

Réécoutez la séquence du mercredi 3 février 2021

Après avoir évoqué la Sécurité sociale, lundi, le ministre Romain Schneider a abordé l'agriculture, ce mardi, sur les ondes de L'essentiel Radio. «Au Luxembourg, il existe encore 1 800 entreprises agricoles, viticoles ou horticoles», a-t-il rappelé. «Grâce à eux, on peut encore voir la multitude des produits locaux, régionaux et nationaux dans nos supermarchés, mais là aussi où les gens se rendent pour acheter ces produits». Mais comment le Luxembourg peut-il s'améliorer au niveau de l'agriculture «durable»? «Je me suis toujours engagé pour cette durabilité», a souligné Romain Schneider à notre micro. «Trois mots sont importants à ce niveau-là: l'écologie, l'économie et l'aspect social. Si on parvient à rassembler ces trois expressions, je crois que l'on peut arriver à une agriculture qui est plus durable qu'aujourd'hui».

Un des autres combats du ministre de l'Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, c'est le bien-être animal. «C'est une des priorités du gouvernement et du Parlement», affirme Romain Schneider. «C'est très important et c'est très sensible pour les consommateurs. C'est pourquoi on doit encore faire plus d'efforts. Dans la nouvelle politique agricole commune, on vise une agriculture où on respectera plus le bien-être animal». Au moment où sont écrites ces lignes, et où cette séquence radio est enregistrée, le Luxembourg n'est pas touché par la récente grippe aviaire. «Heureusement», reconnaît le ministre, «ni par la peste porcine africaine, ni par la grippe aviaire, mais nous devons prendre nos précautions. Voilà pourquoi on fait des recommandations à nos agriculteurs sur la bio-sécurité de leurs établissements. Actuellement, nous sommes épargnés, mais si nous sommes affectés, il y aura des mesures à prendre et les marchés ne seront plus aussi stables qu'actuellement».

Romain Schneider en quelques questions

Mon premier job? C'était dans une entreprise locale à Wiltz, au niveau de la comptabilité, car j'ai fréquenté des écoles de commerce. Mon service était dans un bureau de comptabilité d'une grande entreprise du Nord du Luxembourg.

Avec mon premier salaire? Je l'ai mis de côté pour acheter, par après, une voiture, pour me déplacer vers mon lieu de travail. J'habite depuis toujours dans un petit village près de Wiltz et pour faire le trajet, au début, j'avais une petite motocyclette et après, j'étais heureux, surtout en hiver, d'avoir une voiture. Donc mes premiers salaires ont été conservés pour m'acheter une voiture.

Un souvenir de mes 18 ans? J'étais quelqu'un de studieux, mais je faisais aussi la fête avec mes copains. Avec ma voiture, c'était plus de mobilité, mais c'était aussi l'opportunité de rencontrer plus les filles. À 16 ans, j'avais déjà eu l'opportunité de jouer au football dans une équipe première et alors là, j'avais la possibilité de sortir avec les copains de l'équipe.

Réécoutez la séquence du mardi 2 février 2021

Ministre de l'Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, mais aussi de la Sécurité sociale, Romain Schneider est l'invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de cette semaine. Quel regard porte-t-il sur l'actuelle pandémie de Covid-19? «On a l'impression qu'elle ne s'arrête pas», reconnaît-il. «Elle nous a fait peur et elle nous fait toujours peur. Au début, on a cru à un petit cycle, mais on voit désormais que c'est un travail de longue haleine pour vaincre cette pandémie. En Europe et dans le monde entier, et aussi au Luxembourg, on fait tout pour lutter contre, mais on voit que toute la société est touchée. Que ce soit au niveau du travail, au niveau de la vie privée, sur le plan culturel ou encore au niveau sportif, on voit que cette pandémie nous pèse».

Une contamination au Covid-19 sur un lieu de travail au Luxembourg, peut-elle devenir une maladie professionnelle? «Oui, naturellement», a confirmé Romain Schneider, sur nos ondes. «Et l'aspect psychologique joue un rôle également, car c'est une situation unique que l'on n'a jamais eue auparavant. Et tous les salariés, et même plus généralement, tous les citoyens, doivent essayer de vivre avec».

Un signe positif pour les pensions au Luxembourg

La prolongation du télétravail est-elle une bonne chose dans les conditions actuelles liées à l'épidémie de Covid-19? Romain Schneider le pense. «Oui, c'est une bonne chose», dit-il, «car il faut trouver différents remèdes pour lutter contre cette pandémie. Il faut éviter les contacts. Que ce soit lors d'un déplacement, dans les trains ou dans les bus, mais également sur les lieux de travail. Un des remèdes, au Luxembourg et dans le monde entier, c'est le télétravail. Il y a deux volets à cet aspect: les finances avec les impôts et le volet de la sécurité sociale. Vous connaissez bien la règle des 25% de travail dans le pays de résidence. À ce moment, les systèmes de sécurité sociale changent et les gens sont affiliés dans leurs pays de résidence. On a pu éviter cela et on a eu des contacts directs avec les pays comme la Belgique, la France et l'Allemagne. Pour l'instant, j'ai eu la confirmation que l'on pouvait prolonger cet accord jusqu'au 30 juin 2021».

Le ciel va-t-il devenir un peu plus bleu pour les pensionnés du Luxembourg? «Ils vont effectivement avoir droit à une petite augmentation», a souligné le ministre de la Sécurité sociale. «On a fait le règlement grand-ducal au mois de décembre 2020 et à partir du 1er janvier de cette année 2021, il y a une augmentation des pensions de 1,3%. Ce n'est pas une augmentation énorme, mais c'est quand même une augmentation. Et c'est un signe positif pour les pensionnés au Luxembourg».

Réécoutez la séquence de ce lundi 1er février 2021

La playlist de Romain Schneider

Un titre de Carlos Santana débarque d'emblée dans la playlist du ministre Romain Schneider. «Au début, quand j'avais 17-18 ans, c'était toujours pour moi une musique pour réfléchir un peu, mais quelque chose de spécial. Aujourd'hui, encore, j'adore Carlos Santana et surtout ce titre "Samba Pa Ti"».

«Sultans Of Wings» est le 2e titre de la playlist. «Dire Straits cela fait partie de ma jeunesse», poursuit le ministre à notre micro. «Et je trouve que cette musique s'écoute bien. Ce n'est pas quelque chose de lourd et de très énervant. C'est très concret et le son est vraiment bon. J'apprécie ce morceau, encore aujourd'hui».

Phil Collins et le titre «Another Day In Paradise» arrivent en 3e position dans la liste de Romain Schneider. «C'est un peu la même ligne que les morceaux précédents», reconnaît le ministre. «C'est un peu plus mélancolique, mais cela reste aujourd'hui, une des stars de la musique. C'est une personne que j'apprécie et c'est une musique que j'adore».

Cinquième et dernier titre entendu ce vendredi dans la playlist de Romain Schneider. «Viva Colonia», du groupe Die Höhner. «J’aime bien la ville de Cologne, mais surtout le FC Köln», a affirmé le ministre à notre micro.

(Frédéric Lambert/L'essentiel)

Recommander

Commentaires

en chargement...

Résultats