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L'usine Kronospan à Sanem est épinglée par certains habitants. (photo: Editpress/Claude Lenert)

10 février 2021 10:00

Société luxembourgeoise

Kronospan promet des améliorations aux Sanemois

SANEM - Kronospan est régulièrement critiquée pour la pollution qu'elle génère et le manque de sécurité, et pas seulement au Luxembourg. Pourtant, elle se veut une entreprise modèle.

Les habitants de Sanem disent «ne plus pouvoir la sentir», au sens propre du terme. Elle, c'est la société Kronospan, installée dans la zone industrielle «Gadderscheier». Et la liste des récriminations de l'initiative citoyenne de la commune (BIGS) va bien au-delà des sensibilités olfactives: «En plus des nuisances olfactives, nous subissons régulièrement des nuisances sonores ainsi que de fortes émissions de poussières», souligne la porte-parole, Patrizia Arendt, contactée par L'essentiel. Des arguments que le ministère de l'Environnement peut attester par des chiffres. Depuis juillet 2018, 64 plaintes émanant de neuf personnes différentes ont été déposées. «La plupart d'entre elles concernent directement la société Kronospan», selon un porte-parole de l'initiative. De plus, au cours des deux années passées, les autorités ont régulièrement fait le constat de dépassements des valeurs limites d'émissions.

Le groupe autrichien au capital d'un milliard d'euros, qui affirme être le leader mondial du marché des panneaux en bois, est régulièrement dans la ligne de mire des autorités, et pas uniquement au Luxembourg. Selon l'ONG britannique de surveillance environnementale Earthsight, la société Kronospan était impliquée dans des importations illégales de bois en provenance d'Ukraine vers l'Union européenne. Selon le WWF, 25% du bois des Carpates était par ailleurs exploité de manière illégale. D'après une organisation environnementale, l'usine de Jihlava (République tchèque) était le deuxième plus grand émetteur de substances cancérigènes en République tchèque. De plus, la structure complexe de l'entreprise, avec des sociétés de holding à Chypre et dans les Îles anglo-normandes, donne régulièrement lieu à de nombreuses spéculations. En Roumanie, les filiales ont, par le passé, dû verser des amendes de plusieurs millions à l'autorité de la concurrence. Kronospan a également dû passer à la caisse à maintes reprises pour d'autres de ses 40 sites répartis sur trois continents, notamment à la suite d'incendies d'usines.

«Nous voulons être une entreprise modèle»

Par ailleurs, les membres de l'initiative citoyenne mentionnent des manquements au niveau de la sécurité et de la maintenance au sein de l'usine de fabrication de panneaux en bois. Selon eux, cela causerait fréquemment des incendies. Outre l'énorme incendie de l'été 2019, de petits feux moins importants se sont déclarés par le passé. Dernièrement, dans la nuit du 2 au 3 janvier, plusieurs corps de pompiers ont été mobilisés. L'Administration de la gestion de l'eau atteste que le cours d'eau de la Chiers toute proche est «presque constamment et durablement polluée» en raison des eaux d'extinction d'incendies, de la pluie et de la proximité avec l'usine Kronospan.

Le directeur de Kronospan, David Brenner, a conscience que tout ne fonctionne pas forcément à la perfection actuellement dans l'usine de Sanem. «Une grande entreprise industrielle n'est pas toujours agréable pour les riverains», explique-t-il à L'essentiel. Il précise toutefois que l'entreprise n'a nullement l'intention de se servir du facteur économique pour se dédouaner. «Nous considérons plutôt faire partie de la commune. Nous voulons être une entreprise modèle et avons le souci de nous améliorer en permanence, pas uniquement au Luxembourg», dit-il. C'est pourquoi Kronospan travaille actuellement sur des mesures concrètes en collaboration avec les autorités, dans le but d'améliorer la situation.

«Nous allons régulièrement procéder à des exercices incendie»

D'ici l'été prochain, la société prévoit d'installer des amortisseurs de bruit et d'isoler certaines installations, afin de réduire les nuisances sonores. En ce qui concerne les émissions de poussières, celles-ci se situent déjà en dessous des valeurs limites, d'après M. Brenner. Pour protéger la Chiers, le bassin de rétention a déjà été élargi dans une première phase. D'ici le mois d'août, le bassin de rétention et de sédimentation, ordonné par le ministère de l'Environnement, sera terminé. «Il va sans dire que les autres manquements constatés au cours de l'inspection doivent également être résolus», souligne un porte-parole du ministère, précisant que l'Administration de l'environnement est régulièrement en contact avec Kronospan et qu'elle contrôle la mise en œuvre des mesures convenues.

En revanche, David Brenner rejette fermement les accusations formulées par l'initiative citoyenne concernant les manquements présumés au niveau de la sécurité. Selon lui, l'usine est équipée de détecteurs d'étincelles, d'extincteurs et d'un système de filtration. Depuis fin janvier, il existe par ailleurs une convention de coopération entre Kronospan et le Corps grand-ducal d'incendie et de secours (CGDIS). «Nous allons régulièrement procéder à des exercices incendie pour nous entraîner à coopérer avec les services d'urgence», précise M. Brenner. Reste à savoir si cela suffira à convaincre les plus sceptiques. «Apparemment, la plupart des plaintes émanent d'une minorité de personnes», conclut M. Brenner.

(Sebastian Weisbrodt/L'essentiel)

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