LUXEMBOURG – Une collecte d’instruments est organisée dimanche à l’abbaye de Neumünster. Les objets seront envoyés en Cisjordanie.
«La musique crée des liens, c’est très bien pour ces enfants coupés du monde», lance Martine Pinzi, secrétaire du Comité pour une paix juste au Proche-Orient. Celui-ci organise, en collaboration avec l’association belge Music Fund, une collecte d’instruments de musique dimanche à l’abbaye de Neumünster. Tous seront ensuite envoyés dans deux écoles de musique de Cisjordanie. «Nous avons tout de suite été séduits par l’idée, c’est un beau projet de solidarité», reprend Martine Pinzi.
Music Fund a l’habitude d’organiser de tels événements en Belgique. «Il est impératif de donner des instruments en état de fonctionnement. Nous les vérifions tous, mais il ne faut pas avoir de frais importants dessus», explique Luka Pairon, fondateur de l’association. Le travail ne se limite pas à l’envoi, puisque Music Fund forme également des réparateurs sur place, qui peuvent bénéficier de stage en Europe. «Cela n’aurait pas de sens de donner des instruments que les locaux ne sont pas capables de réparer».
Donner son instrument est «souvent un moment spécial, car des personnes ont joué avec. Ou alors ce sont leurs enfants, voire un proche décédé», constate Luka Pairon, qui évoque des moments «chargés d’émotion». Il voit le projet comme un moyen de «donner une nouvelle vie aux instruments». Le lien n’est pas totalement rompu, puisque l’association permet de suivre le périple des instruments, chacun d’entre eux étant encodé. La journée sera aussi agrémentée «d’une série d’animations, ce sera festif», promet Martine Pinzi. De petits concerts sont prévus, ainsi qu’un petit film sur la Palestine et une exposition d’œuvres d’un photographe de Gaza. «Son travail est bien sûr artistique, mais également politique. Il invite à réfléchir et a pour but de changer la situation sur place», explique Martine Pinzi.
(Joseph Gaulier/L'essentiel)
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