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L'écriture inclusive peut prendre différentes formes (tirets, points,...).

22 février 2021 11:00

Orthographe au Luxembourg

L'écriture inclusive pointe peu à peu le bout de son nez

LUXEMBOURG – Plusieurs instances officielles discutent actuellement d’une manière d’utiliser l’écriture inclusive de manière plus systématique.

Si elle agace certains lecteurs, l’écriture inclusive arrive peu à peu dans les textes officiels. Le ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes l’utilise pour toutes ses publications. «Cela correspond à une idée d’égalité que nous défendons», indique une porte-parole. Les documents formulés en français utilisent des tirets pour inclure le féminin, par exemple «Les étudiant-e-s…». En allemand, «l’usage va vers une majuscule», par exemple «Die StudentInnen». Pour l’instant, seul ce ministère et celui de l’Intérieur, tous deux conduits par Taina Bofferding (LSAP), utilisent l’écriture inclusive.

Les autres ministères et instances officielles semblent la bouder. Mais «même s’il n’y a pas d’instruction du gouvernement pour l’instant, nous avons lancé une consultation», indique Luc Weis, directeur du SCRIPT, qui s’occupe notamment des manuels scolaires. Il préconise «d’écrire de manière inclusive dans les formulations», par exemple, en évoquant «les étudiantes et les étudiants». L’inclusion passe selon lui «aussi par le choix des images, pour montrer tout le monde». En revanche, les tirets et autres points à l’intérieur des mots nuiraient «à la lisibilité, notamment pour les non-francophones».

Le luxembourgeois aussi concerné

Le directeur du SCRIPT reconnaît «un besoin de clarification entre les acteurs étatiques». «L’orthographe officielle de chaque langue doit être respectée à l’école», a indiqué Claude Meisch (DP), ministre de l’Éducation nationale, en réponse à une question du député Fred Keup (ADR). Mais selon lui, les différents modes d’écriture «ne sont pas des fautes, mais des variations qui reflètent des efforts pour éviter les discriminations par la langue».

Le luxembourgeois n’échappe pas à la tendance, à en croire Luc Marteling, directeur du Zenter fir d’Lëtzebuerger Sprooch (ZLS). «Un travail est mené avec le commissaire à la langue luxembourgeoise», notamment sur la désignation des professions, dit-il. La forme n’est pas encore déterminée, mais le gérondif, parfois vu en allemand (Die Studierenden) «ne fonctionne malheureusement pas en luxembourgeois». Le spécialiste préconise «l'introduction d'une écriture inclusive qui soit une possibilité, mais pas une contrainte».

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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