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14 septembre 2021 18:54

Procès des attentats de Paris

Faut-il diffuser l’enregistrement du Bataclan?

Le président de la Cour d’assises a annoncé lundi que le document sonore retraçant le massacre serait peut-être entendu au tribunal. Cette éventualité divise les parties civiles.

Une semaine après l’ouverture du procès des attentats de Paris, une épineuse question fait débat: faut-il diffuser l’enregistrement du Bataclan dans la salle d’audience? Après l’attaque sanglante qui avait fait 90 morts pendant un concert des Eagles of Death Metal, les enquêteurs avaient pu mettre la main sur un dictaphone abandonné par un technicien de la salle. À l’intérieur de cet appareil, 2 heures, 38 minutes et 44 secondes d’horreur absolue. Ce document est crucial: il s’agit du seul enregistrement intégral du massacre, qui retrace le déroulement de la tragédie et dévoile les mots exacts prononcés par les terroristes, jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre.

La question taraude désormais les acteurs du procès du 13-Novembre: faut-il, oui ou non, diffuser cet enregistrement au procès? Lundi, le président de la Cour d’assises spéciale de Paris, Jean-Louis Périès, a annoncé au tribunal que ce document allait peut-être être diffusé, du moins en partie, ce vendredi. Il y aura «des présentations des photos, vidéos et peut-être une partie sonore concernant les faits commis au Bataclan», a-t-il expliqué. Des «photos et vidéos du Comptoir Voltaire, de la Casa Nostra et de la Belle Équipe» doivent être dévoilées le 20 septembre, a ajouté le magistrat. Parmi les parties civiles, les avis sont partagés.

Bruno, qui se trouvait dans la salle de concert au moment des faits, aimerait que cet enregistrement soit utilisé: «Je pense que la bande-son est importante parce que vous n’imaginez pas, même si je vous raconte ce que j’ai vécu, le bruit que j’ai entendu, l’odeur que j’ai sentie, ce que j’ai vu. On n’écrira pas l’histoire si on tourne le dos, qu’on se cache les yeux et qu’on se met la tête dans le sable», explique-t-il à BFM TV. Maman d’une victime, Patricia s’y oppose, craignant que cela soit «trop douloureux». «Je ne pense pas que ce soit réellement une bonne idée. Je n’ai pas envie d’assister à ce type de chose», confie-t-elle.

Avocat de plusieurs parties civiles, Me Didier Seban va dans le même sens: «Il n’est nul besoin d’écouter les cris d’horreur et les coups de feu pour comprendre ce qu’elles ont vécu», estime l’homme de loi. Présidente de l’association «Paris Aide aux Victimes», Carole Daminani craint que cette diffusion ne «ravive le deuil» des victimes. De son côté, pour des raisons qui ne sont pas évoquées, le Parquet national antiterroriste s’oppose également à la diffusion de ce document sonore. Ce sera donc au président de la Cour d’assises de prendre la décision. Il a en tout cas assuré qu’il laisserait le temps aux personnes qui le souhaitent de quitter la salle avant une éventuelle diffusion.

(L'essentiel/joc)

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