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08 février 2021 07:36

En Inde

«La terre tremblait comme lors d’un séisme»

La mort de quatorze personnes a été confirmée dans le nord de l’Inde, lundi, par les autorités, selon un bilan provisoire, au lendemain de la rupture d’un glacier de l’Himalaya.

Au moins cent soixante-dix personnes étaient portées disparues lundi dans le nord de l’Inde et 14 corps ont été retrouvés au lendemain de la rupture d’un glacier de l’Himalaya, qui a provoqué une crue éclair en s’effondrant dans une rivière. «Au total, 15 personnes ont été sauvées et 14 corps ont été retrouvés en différents lieux jusqu’à présent», a tweeté le gouvernement de l’État de l’Uttarakhand, dans le nord de l’Inde, au lendemain de la catastrophe. Mais au moins 170 autres personnes sont toujours portées disparues, selon les autorités. Le chef de la police locale, Ashok Kumar, avait dimanche évoqué 200 disparus dans les seules centrales électriques.

Douze personnes ont été secourues dimanche dans un tunnel, mais de 25 à 30 individus sont toujours coincés dans un autre tunnel, a précisé Piyoosh Rautela, responsable de l’aide d’État aux victimes de catastrophes.

Mobilisation

Un porte-parole de la police de la frontière indo-tibétaine (ITBP) a déclaré que deux cents sauveteurs mobilisés avaient repris les recherches dès le lever du jour lundi dans l’État de l’Uttarakhand. Des centaines de militaires et paramilitaires épaulés par des hélicoptères et des avions militaires ont été dépêchés sur place pour participer aux opérations de secours.

L’énorme masse d’eau a dévasté la vallée de la rivière Dhauliganga, détruisant tout sur son passage, submergeant un complexe hydroélectrique et emportant des routes et des ponts, selon les images prises par des habitants terrifiés. «Il y avait un nuage de poussière quand l’eau est passée. La terre tremblait comme lors d’un séisme», a déclaré un habitant, Om Agarwal, à la télévision indienne.

Situé dans le massif de l’Himalaya, l’Uttarakhand est un État indien où le Gange prend sa source. La rivière Dhauliganga est un affluent du Gange.

Barrages vidés

Des dizaines d’employés des deux centrales électriques installées sur le barrage de Richiganga sont portés disparus, ainsi que des habitants de la région, emportés par les eaux alors qu’ils s’occupaient de leur bétail, d’après les autorités.

Le barrage a été ravagé par le déluge causé par la chute d’une partie d’un glacier qui s’est détachée d’une paroi de la montagne en amont. Une vingtaine d’employés se sont retrouvés coincés dans un tunnel, dont 12 ont été secourus. La route principale avait été emportée et le tunnel était rempli de boue et de roches. Les secouristes ont dû utiliser des cordes pour réussir à atteindre l’entrée.

Les autorités ont vidé deux barrages pour empêcher les eaux en furie de gonfler le Gange dans les villes de Rishikesh et Haridwar. Elles ont interdit aux habitants des deux villes de s’approcher des rives du fleuve sacré. Les villages dans les montagnes surplombant la rivière ont été évacués, et les autorités assuraient dimanche soir que le plus gros du danger d’inondation était passé.

Condoléances

De nombreux utilisateurs des réseaux sociaux ont filmé ou photographié le désastre. Des vidéos montrent la masse d’eau ravageant une étroite vallée sous une centrale électrique, laissant les routes et les ponts détruits sur son passage. Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a présenté dimanche ses condoléances aux familles des victimes et à l’Inde tout entière, se disant «profondément attristé», selon son porte-parole. «Les Nations Unies sont prêtes à contribuer aux efforts de sauvetage et d’assistance en cours si nécessaire», a-t-il ajouté.

Un peu plus tôt, le Premier ministre Narendra Modi a dit suivre les opérations de secours. «L’Inde se tient aux côtés des habitants de l’Uttarakhand et la nation prie pour la sécurité de tous dans cette région», a-t-il assuré sur Twitter.

Quatorze glaciers surplombent la rivière dans le parc national Nanda Devi. Ils font l’objet d’études scientifiques, en raison du changement climatique et la déforestation qui accroît les risques de rupture. La fonte d’un quart de la glace de l’Himalaya, observée ces quatre dernières décennies, est imputable à la hausse des températures.

(L'essentiel/afp)

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