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Certains appellent le gouverneur de l'État de New York à la démission. (photo: Matthew Cavanaugh)

03 mars 2021 08:13

États-Unis

Une 3e femme accuse Cuomo de harcèlement

La pression sur le gouverneur de l'État de New York est encore montée d'un cran. Une troisième femme l'accuse de comportement inapproprié.

Le puissant gouverneur de l'État de New York sera-t-il forcé de démissionner? Plus de trois ans après #MeToo, la pression monte après qu'une troisième femme a accusé Andrew Cuomo de comportement inapproprié. Depuis une semaine, la situation se corse de jour en jour pour ce gouverneur de 63 ans, fils de gouverneur, ex-ministre du gouvernement de Bill Clinton et ami de Joe Biden, devenu une vedette de la gestion de la pandémie en 2020, au point que certains le poussaient à briguer la Maison-Blanche.

Déjà accusé d'avoir minimisé le nombre de morts du Covid-19 dans les maisons de retraite de cet État de 20 millions d'habitants, M. Cuomo a depuis mercredi été mis en cause pour son comportement par trois femmes. Une ex-conseillère économique, Lindsey Boylan, 36 ans, a affirmé mercredi que le gouverneur l'avait embrassée sur la bouche de façon non sollicitée et qu'il aurait suggéré qu'elle joue avec lui au «strip poker», quand elle travaillait avec lui entre 2015 et 2018.

«Choquée»

Samedi, une autre ex-collaboratrice, Charlotte Bennett, 25 ans, a indiqué que le gouverneur lui avait fait des avances qui l'avaient mise «mal à l'aise» au printemps 2020. Et, lundi soir, Anna Ruch, 33 ans, qui n'a jamais travaillé avec lui, a affirmé au New York Times qu'il l'avait «choquée» en voulant l'embrasser contre son gré lors d'un mariage en 2019. Le journal a publié une photo montrant le gouverneur tenant par les joues Mme Ruch, visiblement effrayée.

Ses accusatrices demandent sa démission, comme un nombre croissant d'élus new-yorkais, républicains mais aussi démocrates comme lui. Le nouveau témoignage «rend son maintien beaucoup plus difficile», a estimé Sam Abrams, professeur de sciences politiques au Sarah Lawrence College. Signe d'un affaiblissement du gouverneur, les parlementaires de l'État sont tombés d'accord, mardi, pour lui retirer les pouvoirs spéciaux qu'ils lui avaient accordés il y a un an, en début de pandémie, lui permettant d'imposer mesures de quarantaine et confinement. Ces prérogatives expiraient en avril.

Malgré ses déboires, ce gouverneur parmi les plus puissants des États-Unis, qui dirige l'État de New York depuis dix ans et dont le troisième mandat expire fin 2022, n'est pas du genre à se déclarer vaincu. D'autant que les grands patrons du parti démocrate, à New York ou à Washington, ne se sont pas joints aux appels à la démission. Tout en jugeant les accusations contre le gouverneur «troublantes», le leader démocrate du Sénat américain Chuck Schumer a, comme d'autres, appelé à attendre les résultats de l'enquête prévue sur ces allégations. M. Cuomo, un ancien procureur, a fini par accepter de la confier à la procureure de l'État, Letitia James, à l'indépendance incontestée. La durée de l'enquête n'a pas été précisée.

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