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06 septembre 2021 17:59

Afghanistan

Une policière enceinte exécutée devant sa famille

Une femme qui travaillait dans une prison du centre du pays a été frappée, abattue puis mutilée chez elle, samedi. Les talibans nient être impliqués, mais les témoins sont formels.

Elle s’appelait Banu Negar et travaillait comme policière dans une prison de Firozkoh, la capitale de la province de Ghor (centre de l’Afghanistan). Samedi, cette mère de famille enceinte de huit mois a connu une mort brutale. Trois hommes armés sont entrés dans la maison familiale et ont attaché Banu, son mari et leurs enfants. Ils ont ensuite frappé puis abattu la policière devant sa famille. Les circonstances de ce drame sont floues, les habitants craignant de témoigner, par peur de représailles.

Les talibans ont affirmé à la BBC qu’ils n’avaient rien à voir dans ce meurtre: «Nous sommes au courant de l’incident et je confirme que les talibans ne l’ont pas tuée, notre enquête suit son cours», assure Zabiullah Mujaheed, porte-parole. Celui-ci ajoute que les talibans avaient déjà annoncé une amnistie pour les gens travaillant pour le gouvernement précédent. Il estime que la mort de Banu Negar est le résultat d’une «inimitié personnelle, ou autre chose».

Témoignage terrible de son fils

Trois sources différentes interrogées par la chaîne britannique assurent toutefois que ce sont bien des talibans qui sont à l’origine de ce drame. Dans une vidéo publiée sur Twitter par la chaîne Aamaj News, un fils de la victime apporte un témoignage glaçant, expliquant notamment que les talibans ont massacré sa mère et qu’il lui ont retiré le cerveau avec des tournevis et un couteau. Des proches de Banu Negar ont publié sur les réseaux sociaux des images choquantes montrant des éclaboussures de sang contre un mur et un corps dans le coin d’une pièce, le visage défiguré.

Depuis leur prise de pouvoir, les talibans tentent de faire passer une image plus tolérante et modérée d'eux-mêmes. Mais de nombreux incidents d'une violence insoutenable ont déjà été signalés. Des combattants ont été vus faisant du porte-à-porte pour éliminer d'anciens membres des forces de sécurité afghanes et des alliés occidentaux. La semaine dernière, Gulafroz Ebtekar, une policière afghane de haut rang, a pris la fuite après avoir été passée à tabac par les talibans.

(L'essentiel/joc)

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