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07 avril 2021 08:54

Ex-jihadiste française

«Je ne vois pas pourquoi j'irais en prison»

Encore détenue dans un camp en Syrie, la jihadiste Emilie König plaide pour son retour en France. La trentenaire souhaite reprendre une carrière en évitant la prison.

Elle a troqué son voile intégral pour un legging en simili-cuir et ne couvre plus ses cheveux, pour se «réhabituer» à la vie en France, après ses années avec le groupe État islamique (EI). Dans un camp en Syrie, la jihadiste française Emilie König plaide pour son retour.

Considérée comme l'une des figures de la mouvance jihadiste française, accusée d'avoir recruté pour l'EI et d'avoir appelé à commettre des attaques en Occident, Mme König ne «voit pas pourquoi» elle devrait aller en prison, quand Paris souhaite voir jugés sur place les adultes, hommes et femmes, accusés de complicité avec l'organisation ultraradicale.

Une «revanche» sur la vie

Placée par l'ONU sur sa liste noire des combattants les plus dangereux, la Française de 36 ans est retenue depuis 2017 dans un camp du nord-est de la Syrie géré par les forces kurdes.

Après le rapatriement de ses trois enfants en janvier, elle espère toujours rentrer en France. Pour retrouver sa famille, suivre une formation en comptabilité et pourquoi pas se lancer à son compte et avoir «une revanche un petit peu» sur la vie.

Deux fois veuve et mère de cinq enfants

«Je veux reprendre une vie professionnelle, et ma vie professionnelle que j'avais avant, je (ne) pourrai pas porter le foulard», poursuit-elle dans un entretien à l'AFP, dans un des bureaux du camp de Roj.

Partie pour la Syrie en 2012 en pionnière, cette femme originaire de Lorient (ouest de la France), remariée, deux fois veuve et mère de cinq enfants était apparue dans des vidéos de propagande de l'EI. Dans l'une d'elles, mise en ligne en 2013, elle pose avec un fusil à canon scié, comme si elle s'entraînait au tir.

«J'ai pas de sang sur les mains»

Les services de renseignements avaient intercepté ses appels récurrents à attaquer les institutions françaises ou à s'en prendre aux femmes de soldats français. «Bien sûr que je regrette, parce que ça a (détruit) toute ma vie», dit Mme König, interrogée sur son ralliement à l'EI, mais «je vois pas pourquoi j'irais en prison. Je trouve que c'est injuste, parce que j'ai rien fait, j'ai pas de sang sur les mains», insiste-t-elle, sans s'épancher sur les raisons qu'il l'ont poussée à rejoindre les rangs de l'EI.

Elle avait été capturée en 2017 à Chadadi, ville de l'est de la Syrie, alors que les forces kurdes poursuivaient leur offensive pour reconquérir les secteurs aux mains des jihadistes. Pour venir dans le pays en guerre, Mme König avait laissé derrière elle ses deux aînés issus d'un premier mariage, âgés aujourd'hui de 14 et 16 ans.

«J'ai envie de réparer mes erreurs»

Remariée deux fois, deux fois veuve, elle a donné naissance à trois autres enfants: un garçon de six ans puis des jumelles de quatre ans. Ils ont été rapatriés en janvier, alors qu'une des fillettes avait des problèmes respiratoires.

«Je veux retourner en France, je veux revoir mes enfants, j'aimerais que la France soit conciliante par rapport à ça. J'ai envie de réparer mes erreurs», a-t-elle assuré.

(L'essentiel/afp)

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