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Marcelo Bielsa est aujourd’hui entraîneur à Leeds, en Angleterre. (photo: AFP)

12 février 2021 19:39

Football

Marcelo Bielsa dit avoir été harcelé à Lille

L’entraîneur argentin, qui réclame 19 millions d’euros au club français, a expliqué les raisons de son licenciement devant les Prud’hommes de Lille.

L’entraîneur argentin Marcelo Bielsa a estimé vendredi avoir été victime de «harcèlement» juste avant son licenciement pour faute grave prononcé en décembre 2017 par Lille, auquel il réclame environ 19 millions d’euros devant les Prud’hommes de Lille, qui trancheront le 2 juillet prochain.

«El Loco», qui a entraîné Lille en 2017 et qui dirige désormais le club anglais de Leeds, qu’il a fait remonter cette saison en Premier League, s’est exprimé en visioconférence et en espagnol durant près d’une heure pour contester les modalités de son renvoi du club de Lille. «J’aurais préféré ne pas parler publiquement, mais je crois qu’il y a certaines situations qu’il est intéressant que j’explique», a affirmé le technicien, vêtu d’un pull bleu marine et qui avait ôté son masque blanc pour parler.

Nombreux détails

«Ce que je veux expliquer, c’est le harcèlement que j’ai subi lors des mois de septembre et octobre avant mon licenciement afin de me déstabiliser pour me pousser à la démission, saboter ma gestion et faire obstacle à mon travail, dégradant mon autorité», a souligné le natif de Rosario, aujourd’hui âgé de 65 ans.

Très prolixe, il a exposé dans les détails sa relation, au départ cordiale avant de s’envenimer, avec Luis Campos, conseiller du président luxembourgeois Gérard Lopez, et Marc Ingla, directeur général du club, les deux personnes qu’il accuse d’avoir orchestré son licenciement.

«Campos n’a jamais voulu m’aider. C’était impossible de parler de football avec Campos, il ne parlait que de la partie commerciale, les agents de joueurs, les prix, les pourcentages, les commissions… ça ne l’intéressait pas de parler de football», a fait valoir Bielsa. L’Argentin a même dû être interrompu par la présidente, qui lui avait initialement donné un temps de parole de 15 minutes, traduction non comprise. Malgré cette interruption, l’entraîneur argentin l’a remerciée de lui avoir permis de s’exprimer.

«Licenciement vexatoire et humiliant»

Plus tôt, dans sa plaidoirie, l’avocat de l’entraîneur argentin, Me Benjamin Cabagno, avait tenté de démontrer l’absence de faute grave imputable à son client. «On a monté de toutes pièces un licenciement vexatoire et humiliant, dans l’orchestration et la préméditation», a-t-il lancé.

Concernant les indemnités de 19 millions d’euros qu’il réclame au titre des dommages et intérêts pour rupture injustifiée et abusive du contrat de travail, le conseil de M. Bielsa a insisté sur le fait que le pré-contrat, signé entre son client et le club nordiste en février 2017 et qui prévoyait une clause «parachute» lui assurant de percevoir la totalité des salaires en cas de rupture anticipée du contrat, s’appliquait, même si celui homologué par la Ligue de football professionnel (LFP) en juillet 2017 ne comportait pas cette clause.

L’avocat du LOSC, Me Bertrand Wambeke, a, lui, tenté de caractériser la faute grave de Marcelo Bielsa et de démontrer que le pré-contrat n’était pas applicable dans le calcul des indemnités. «C’était un accord-cadre pour préparer le terrain et pas un contrat de travail», a-t-il justifié.

Amende impayée

Il a également rappelé les multiples procédures lancées par l’Argentin et indiqué qu’«El Loco» n’avait pas payé les 300 000 euros d’amende que le tribunal de commerce de Lille l’avait condamné à verser au club en mars 2018 pour procédure abusive après avoir voulu faire placer le LOSC en redressement judiciaire.

Après quatre heures d’audience, la présidente a finalement indiqué que la décision dans cette affaire serait rendue le 2 juillet prochain.

(L'essentiel/AFP)

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